L’Eveil de Narcisse

Prochainement – 50 min
Pièce pour 1 danseuse et 3 danseurs

Production  Cirrus Dance Company
D’après les écrits et analyses de Ovide, André Gide, Luc Bigé, Philippe Arnaud, Pierre Albouy et Metka Zupancic
Chorégraphe  Guillaume Payen-Ascone
Interprètes (en cours)  Julia Vercelli-Durand
Costumes et scénographie  Héléna Blanchard
et aide à la réalisation  Nicolas Loisel
Dramaturgie et rédaction  Eléna Defay-Thibaud et Guillaume Payen-Ascone
Musiques  Loscil, Murcof, Lucas Paris et Donato Dozzy
Vidéastes  Thibault Colin et Sylwia Nowotka
Photographes  Sylwia Nowotka

Un projet artistique qui souhaite se saisir des enjeux du mythe…

 

L’Éveil de Narcisse est un solo/quatuor de danse de 50 min. Il est né d’une réflexion commune autour du mythe comme potentiel élément constitutif de notre réalité. En ce sens, ce travail d’écriture s’est accompagné de nombreuses ressources bibliographiques et artistiques afin de se saisir des enjeux du mythe, de ses symboles et de leur résonance tout à la fois dans la création artistique et dans notre rapport au monde. 

Même si le mythe de Narcisse n’a de cesse d’être réinvoqué, transformé, remodelé, l’Éveil de Narcisse en propose une relecture chorégraphiée qui souhaite s’émanciper de son seul aspect narratif : il s’agit de plonger les spectateur·ices dans une mise en scène onirique et immersive, où musique, scénographie et danse dialoguent sans cesse d’échos en échos. 

L’histoire du mythe

Légende célèbre, tirée de la mythologie grecque dont la version la plus connue est celle écrite en vers par Ovide dans Les Métamorphoses, l’histoire de Narcisse raconte avant tout la rencontre d’un être avec son propre reflet. Sujette à de nombreuses interprétations et relectures, le mythe initial pourrait cependant se résumer à cela : 

Né du viol que le fleuve Céphise commit sur la nymphe Liriope, Narcisse est réputé pour sa grande beauté et son égoïsme, Narcisse rencontre un jour Écho, une jeune nymphe condamnée par Héra à ne pas prendre la parole mais à répéter ce qu’elle vient d’entendre. Cette rencontre est perdue d’avance : Écho tombe folle amoureuse de lui, répétant inlassablement la fin de ses phrases, quand Narcisse, lui, vient à l’ignorer. Alors qu’Écho se meurt de désespoir d’avoir été si âprement repoussée par Narcisse comme tant d’autres avant elle, la déesse de la vengeance Némésis décide de venger toutes celles qui ont croisé la route du jeune homme, en le faisant désespérément tomber amoureux de son propre reflet. Cette malédiction est fatale à Narcisse quand, agenouillé au bord d’un ruisseau, il cherche à embrasser son propre reflet : il tombe dans l’eau et se noie. À l’endroit où il s’était penché avant de perdre l’équilibre, se met alors à pousser une fleur, une narcisse.  

Résumé de réflexion

L’Éveil de Narcisse n’a pas puisé son inspiration dans la réception psychanalytique et contemporaine de ce mythe. La pièce s’est en effet davantage intéressée à étudier le personnage de Narcisse, ses possibilités narratives et les interprétations symboliques qui peuvent être lues comme autant de perspectives artistiques différentes. 

Le substantif « éveil » est à entendre ici dans sa première acception : une sortie de l’engourdissement et peut-être plus encore, du sommeil. Cette sortie du sommeil ne pourra être atteinte par Narcisse qu’à la fin de son voyage initiatique, un parcours d’errance, qui s’achèvera par la prise de conscience de son propre reflet. Personnage en dormance, Narcisse ne s’éveille finalement qu’à l’instant où il se rencontre dans le reflet que lui tend le ruisseau dans lequel il se mire. 

C’est pourquoi, la pièce a fait le choix de se concentrer uniquement sur cette quête, faisant l’impasse sur sa naissance et les personnages secondaires qui ne seront que suggérés par des symboles disséminés dans la scénographie. L’Éveil de Narcisse se consacre plutôt à la réflexion et au développement de l’introspection de ce personnage, dévoilés comme autant d’instantanés, d’images prises sur le vif, qui raconteraient un autre pendant de son histoire : celle d’un personnage en proie à la complexité d’être au monde. 

La pièce choisit sa propre lecture du mythe comme matière à la création, à la réflexion et à l’enchantement : une autre histoire, moins narrative, plus abstraite et onirique, la proposition d’une lecture intemporelle, qui touche au sensible et où le public se reconnaîtra dans cette recherche de soi. 

Ainsi, le mythe de Narcisse tel qu’il a été conçu dans cette création, raconterait en réalité le récit de l’évolution intérieure du personnage, de sa chute à son éveil.

 

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